Oh qu’il est beau mon appareil avec son gros parasoleil !

Quand j’étais jeune, il y a longtemps, je parcourais les catalogues photo en recherchant l”appareil” photo parfait et pas trop cher, de toutes les façons, je n’avais pas les moyens de me l’acheter ! À cette époque, j’avais flashé sur un bel appareil, le Werramatic.

Werramatic.jpg

Le Werramatic, c’était un boitier avec mise au point par télémètre et cellule au silicium, alors que la majorité des boitiers étaient dépourvus de mise au point et de système de mesures de la lumière. Je ne me rappelais plus que les objectifs pouvaient être changés, tout au moins pour le boitier repéré vers 1965.
Par contre, ce qui me plaisait beaucoup, c’était le parasoleil. Pas que le soleil me gênait, mais cet accessoire donnait un look d’enfer à l’objet, déjà. Jugez en vous-même sur l’image ci-après. Vous n’êtes pas convaincu ? Mais si, à l’époque, cela changeait tout, cela faisait presque pro.

Par la suite, après une caméra en 8 mm (j’étais initialement séduit par l’image animée), j’ai acheté un réflex, un Ikarex Zeiss Ikon. Le gérant du grand magasin de photographie de Roubaix m’avait conseillé ce boitier équipé d’un Tessar ouvrant à f/2,8, c’était le top disait-il. Quelle funeste erreur ai-je fait de l’écouter, ce boitier était catastrophique et il m’a laissé en carafe rapidement. Dire que j’étais allé le voir pour acheter un Praktica avec son déclencheur oblique et une vraie optique, un 50 mm lumineux, f/1,4 ; un boitier pouvant recevoir le superbe Flextogon de 20 mm ! déjà en 1967, si je me souviens bien.

Je suis donc passé rapidement, en 1970, au Konica Autoreflex T avec un excellent Hexar 57 mm ouvert à f/1,4. Le boitier était à exposition automatique, déjà, avec priorité à la vitesse. Je l’ai complété par un 28 mm livré avec son parasoleil, mais je n’ai pratiquement jamais utilisé cet accessoire, car je me suis rapidement converti à l’utilisation du filtre polarisant. D’ailleurs, je me rappelle l’été où j’ai cherché ce filtre sans le trouver, à Cannes, dans la ville du festival ! Je l’ai donc acheté à Lille après les vacances. Seulement, filtre polarisant et parasoleil ne font pas bon ménage. Je vous reparlerai probablement plus tard de la polarisation, mais ce n’est pas le but de cet article. Revenons à nos moutons, plutôt à nos parasoleils.

À quoi cela sert-il au juste ? A priori à supprimer les reflets du soleil dans l’objectif. Plus prosaïquement, c’est plus utile pour impressionner (les filles ?), à faire joli, à donner un aspect pro à des optiques qui ne manquent pourtant déjà pas de volume. Cet accessoire à deux fonctions :
– réduire le flare, cet aspect laiteux qui se superpose à l’ensemble de l’image, mais les optiques actuelles avec leur traitement de surface y sont peu sensibles ;
– supprimer les taches lumineuses en forme de diaphragme produites par l’image du soleil sur les différentes lentilles de l’objectif.

Est-ce efficace ?
Pour le flare, la petite taille des parasoleils les rend bien peu efficients. Pour être réellement utiles, ceux-ci devraient avoir la taille des compendiums de cinéma, ces grands soufflets placés devant les objectifs des caméras. Il me semble que leur usage soit en régression, c’est probablement la conséquence de l’efficacité des traitements optiques des lentilles.
Pour les reflets directs du soleil, ils peuvent se justifier avec les grandes focales en contre-jour, et très ponctuellement. Autrement, les parasoleils des objectifs grand-angulaires sont nettement plus décoratifs et encombrants qu’utiles. Vous trouvez que j’exagère ? Faites donc l’essai. Positionnez-vous avec le soleil en limite de champs, placez ou enlevez cet accessoire et observez la différence. Sur mon 16-35 mm, sa taille est tellement réduite que je peux, sans difficulté, manipuler mon filtre polarisant !

Alors, totalement inutile ? Pour le soleil, presque sans aucun doute. Personnellement, mon meilleur parasoleil, c’est ma main ou alors mon chapeau, et je contrôle le résultat sur le verre de visée. Je sais où se trouve le soleil, donc je sais prévoir d’où viendront les reflets parasites. Il suffit donc de projeter une ombre sur la face avant de l’objectif, et rien que là, pour éliminer ces parasites. Éventuellement, je profite de l’ombre d’une branche, d’un poteau ou de tout autre obstacle au soleil ne se situant pas dans le cadre.

Par contre, et c’est là l’origine de ce billet, à l’intérieur, lorsqu’il y a de multiples sources lumineuses, en photographie de spectacle par exemple, il est impossible de surveiller toutes ces sources parasites. Pour les télés-objectifs, l’utilité du parasoleil est réelle. La lumière m’est venue à la vu d’un collègue qui, dans une salle de spectacle conservait son parasoleil monté sur son zoom télé, mais en position inversée. Il utilisait donc couramment son parasoleil, mais uniquement au soleil, là où il est le moins utile ! Personnellement, n’aimant pas être encombrés inutilement, mes parasoleils restaient au fond de mon sac. Mais dès que je fais du spectacle, le parasoleil de mon 70-200 mm est monté sur l’objectif.
Il ne faut pas se bercer d’illusions, l’efficacité de l’engin reste limitée, il faut toujours surveiller les reflets indésirables et, le cas échéant, les masquer avec la main si c’est possible, mais l’outil amène un petit plus. Certes, en utilisant une main comme parasoleil, je ne tiens mon boitier que d’une seule main, mais c’est très faisable. Je le faisais même avec le 70-200 f/2,8 monté sur un petit boitier, un Canon 350D et sans poignée-booster ; je vous l’assure, c’est faisable.

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