Pourquoi inciter l’auteur d’un livre à se soumettre à un éditeur, le décourager de publier lui-même son ouvrage ? Sinon, il sera considéré comme un commerçant aura l’obligation de se déclarer comme entrepreneur avec toutes les charges financières induites…

Est-ce que les chanteurs, les musiciens, les comédiens, plus globalement les artistes des spectacles vivants ont l’obligation de recourir à un impresario ? Non, s’ils exercent leur art de manière autonome, ils conservent leur statut d’artiste.

Est-ce que les peintres, les sculpteurs, les « plaaaasticiiiens » ont l’obligation de vendre leurs œuvres par l’intermédiaire d’un galeriste sous peine de se voir attribuer le qualificatif de margoulin ? Pas à ma connaissance.

Est-ce qu’un vidéaste ou un cinéaste ne peuvent pas autoproduire des films, des reportages, des documentaires, des clips, pas que je sache et heureusement, certains grands artistes n’auraient jamais été connus du public. Pourtant, ces productions s’apparentent parfaitement au livre, l’artiste est rémunéré en fonction du succès de son œuvre, du nombre de spectateurs qui ont payé pour voir.

La situation est identique pour un compositeur, l’auteur musical, qui peut se faire rétribuer en fonction du nombre de passages sur les ondes, de téléchargements ou écoutes en streaming. Mais un auteur qui s’autopublie, lui perd son statut d’artiste, pas automatiquement, seulement si son livre est acheté correctement, si des lecteurs en nombre suffisant lui reconnaissent un minimum de qualités.

Certains artistes reçoivent même des commandes pour effectuer un travail, comme les artisans, pour exercer leur art, mais il ne perdent pas leur statut pour autant.

D’autres sont même subventionnés d’après des critères parfois douteux, le fait du prince qui sélectionne les créateurs méritants, ceux qui ont le bon goût d’être dans les concepts à la mode, la complaisance de plier dans le sens du vent des DRACs, bref des artistes pompiers. Il est évident qu’à ceux-là, l’appellation artiste ne sera pas contestée.

Au final, l’auteur est-il un être sous-développé qui ne peut s’épanouir que sous la tutelle d’un éditeur ?

J’aimerais comprendre quels sont les raisonnements, les logiques, les motivations qui ont jusqu’à présent amené à considérer qu’un auteur autopublié ne mérite plus de faire partie de la grande famille des artistes. Vous savez, ces personnes qui acceptent de travailler sans avoir l’assurance que ce travail se traduira peut-être un jour en un minimum de revenu. Dans notre monde des 35 h, des congés payés, des assurances en tous genres, donner de son temps, de son énergie, son talent (?) et le faire le plus souvent gratuitement. N’est-il pas raisonnable que lorsque ceux-ci connaissent un plus ou moins grand succès, ils puissent être récompensés, dans les limites de la décence s’entend ? Payer des impôts en fonction de ses revenus, oui, accepter d’alourdir la barque par des statuts disproportionnés, NON.

 

Couverture Fest-Noz 4

Fest-noz, à la découverte du, prochainement en ePub et PDF, avant de passer à des sujets très différents et sous des formes diversifiées.

Plus sur ce livre ici.

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