Soit, décider du jour au lendemain que l’on est un auteur digne d’être édité est probablement le signe d’un égo surdimensionné, mais cela pourrait être aussi que l’on se soit tellement investi dans une création qu’il apparaisse inimaginable que le public n’y ait pas accès. Mais publier un ou plusieurs livres, fussent-ils les vôtres, vous propulse immédiatement dans le monde des entrepreneurs, non que ce soit une tare, nous avons un grand besoin d’entrepreneurs, mais pour entrer dans cette confrérie, autant le faire avec de bonnes armes et l’édition dans ces conditions n’est assurément pas le bon choix.

Cet article est motivé par l’attribution systématique du statut d’éditeur à tout auteur qui décide de s’autopublier (en France). Cet automatisme est tellement bien admis que peu le contestent, alors même que cela crée un blocage et interdit à beaucoup auteurs de publier leur travail, ce qui pour une minorité doit se révèle préjudiciable.

Cet article est une première approche imparfaite qui nécessitera des mises à jour, des retouches ; n’hésitez pas à me faire part de vos observations, de vos remarques ou critiques.

eMuseumPlus

Le Bibliothécaire de Giuseppe Arcimboldo – Musée de Skokloster – Suède

L’Éditeur

L’éditeur est pour les services fiscaux, réputé être un commerçant et nous allons constater que c’est bien le cas, même si tous ont l’amour du livre, il faut l’espérer.

La première tâche d’un éditeur est de faire des choix éditoriaux. Qu’est-ce qu’un choix éditorial me direz-vous ? Ce choix serait, selon des définitions très favorables au rôle de l’éditeur, basé sur la sélection d’œuvres de qualité digne d’être portée à la connaissance du public. L’éditeur ferait donc un choix artistique, vous le croyez vraiment, eh bien vous vous trompez. L’éditeur est avant tout un commerçant avec une sensibilité artistique plus ou moins marquée, mais d’abord un commerçant qui cherche à gagner de l’argent. Pour ce faire, ses choix privilégieront en priorité la rentabilité, puis, s’il en a les moyens et certaines affinités avec ce qui lui est proposé, il éditera également des œuvres moins commerciales ; il fera alors office de mécène.

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Avant de continuer, voyons quelles sont les capacités, les compétences qui autorisent un éditeur à faire ses choix. A-t-il une formation, subit une sélection, reçu un diplôme ou suivit un parcourt de qualification pour vérifier les qualités d’un éditeur ; rien, aucune exigence en dehors de celle disposer de ressources financières pour exercer ce métier ou d’être coopté pour une raison ou une autre. On se décrète éditeur comme on se décrète auteur, la seule différence est que le premier est plus argenté que le second.

Il est affirmé, par exemple sur le site des Netscripteurs éditions, que « des éditeurs indépendants apportent une irremplaçable légitimité au livre, un label de qualité, notamment lorsque l’auteur n’est pas, ou peu, connu » ou sur celui de l’Antre des livres : « les indépendants fixent donc eux-mêmes leur positionnement et leurs choix éditoriaux. Par définition, moins généralistes que les grands, et pour cause, ils sont d’une compétence exceptionnelle sur leur terrain de prédilection. » Elle n’est pas belle la vie ! surtout quand on fait preuve d’une telle autosatisfaction,

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Donc l’éditeur fait des choix dits éditoriaux, terminologie largement passée dans le langage commun, mais ces choix sont essentiellement faits en fonction des gains estimés, des affinités et, s’il en reste, des qualités des œuvres qui lui sont présentées. Il en résulte qu’il pourra, et même devra en bonne gestion si ses moyens ne lui permettent pas, rejeter toute œuvre qui pourrait nuire à son bilan. Cela ne présume en rien de la qualité de ce qui est refusé et arrêtons tout de suite les auteurs à l’égo surdimensionné, cela ne signifie pas non plus que les livres rejetés sont de grande qualité, c’est plutôt rare, il ne faut quand même pas exagérer.

En bon commerçant, comme l’on n’est jamais sûr de ses choix, l’éditeur va diversifier son catalogue, multiplier ses sources afin d’atténuer les risques. On se constitue une écurie d’auteurs, un pool de compétences artistiques en pariant sur de probables succès qui compenseront les inévitables pertes engendrées par de mauvais choix ; tout cela procède d’une saine gestion d’un commerce, rien de plus.

Ensuite, comme il faut bien sécuriser ses ressources, l’on distribuera gracieusement quelques menus droits d’auteur, après s’être soi-même servi ; on veut bien être généreux, mais il ne faut quand même pas exagérer. D’aucuns oublieront parfois de rétribuer les petits auteurs, ce qui ne représentent pas une importance capitale dans le bilan, pas tous les éditeurs, cela existe et le nier serait de la mauvaise foi. Par contre, pour protéger ses meilleurs poulains, on les remerciera plus généreusement, on leur signera de beaux contrats, sinon des concurrents sans scrupules s’en chargeront.

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Les tâches de l’éditeur ne s’arrêtent pas à la sélection, ensuite vient la mise en page ; une prérogative de l’éditeur. Il en résulte qu’un auteur qui présente un travail avec une mise en page se voit handicapé par un a priori négatif. Pourtant, dès qu’un livre intègre des graphismes ou des photographies, la mise en page fait partie de la création. Mais il ne fait pas bon d’indiquer à l’éditeur la façon dont il doit faire son travail… avec le vôtre.

Ensuite, il faut faire connaitre le livre, le rendre désirable et aller le vendre. Oui, mais ces tâches sont en grande partie sous-traitées, et d’autre part un éditeur ne défendra pas avec la même énergie tous les livres qu’il a publiés, certains présentant à ses yeux un plus grand potentiel de ventes et de profits. Le fait d’être édité n’exonère pas l’auteur de participer à la promotion de son livre, certains sont surpris, ils croyaient qu’ils en avaient fini avec ce livre et qu’ils allaient pouvoir se consacrer tranquillement au suivant. Non et non, les salons du livre, les signatures et, si vous êtes chanceux les émissions de radio ou de télévision, feront parti de vos habitudes, sans parler des démarchages de librairie si votre livre souffre d’une promotion anémique ou qu’il est mal distribué.

L’Auteur

Un être souvent maudit, on ne reconnait pas son talent, il est alors obligé de s’autopublier. Remarquez que je n’ai pas employé l’expression autoéditée qui porte à confusion et qui est à l’origine de l’attribution par les services fiscaux du statut d’éditeur, donc de commerçant, aux auteurs qui choisissent de faire imprimer et de vendre eux-mêmes leurs livres.

Comme nous l’avons vu précédemment, si aucun éditeur n’a accepté de vous publier, c’est que vous n’avez peut-être pas contacté le bon, ou que votre livre est mauvais ou de qualité insuffisante (pensez donc à vous remettre en question), peut-être aussi que votre travail n’est pas commercialement assez rentable et qu’un éditeur aurait pu vous publier s’il en avait les moyens, mais malheureusement il ne les a pas. Il faut aussi envisager la possibilité que vous soyez trop intransigeant, que vous n’acceptiez pas que votre travail soit modifié tant au niveau du contenu que de la forme ; quoi, un auteur qui se voudrait créatif ! on aura tout vu. Dernière option, votre travail est polémique et les éditeurs que vous avez sollicités vous censurent…

Donc, si vous en arrivez à vous publier vous-même, c’est que très probablement votre production risque de ne pas être rentable pour l’industrie de l’édition, vous n’êtes a priori pas suffisamment connu ou votre sujet est trop confidentiel, donc pas rentable, votre lectorat sera très réduit et même en vous autopubliant, vous allez probablement au casse-pipe. C’est là que nos chers impôts viennent en remettre une couche en vous attribuant ce statut de commerçant, donc d’entrepreneur, ce qui signifie de nombreuses charges qui rendent l’opération encore plus risquée. Déclarer une entreprise, cela a un coût (la détruire aussi), puis vous avez les cotisations sociales supérieures à celle d’une artiste, la contribution économique territoriale ainsi qu’une comptabilité plus complexe qui vous imposera probablement le recours à un comptable. Si vous faites des bénéfices après tout cela, c’est que les éditeurs n’ont vraiment pas fait leur travail, ce qui n’a toutefois rien d’impossible.

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Une fois prise la décision de s’autopublier, ne croyez pas que tout sera plus simple, au contraire, il vous faudra être plus vigilant, vous méfier de vos goûts en matière de mise en page, de vos capacités à vous autocorriger, le recours à des professionnels n’est pas exclu. Ensuite il faut trouver un imprimeur à un coût pas trop élevé, surveiller l’impression si votre livre comporte des images, surtout en couleur, ou faire surveiller cette étape par une personne de confiance.

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Au fait, un auteur, qu’est-ce que c’est au juste ? Cela semble assez clair dans les documentations officielles et sur les sites d’informations professionnels, pour l’APCE, entre les autres, qui regroupe artiste et auteur sous une même bannière, il n’y a pas de différence.

La rémunération des artistes-auteurs sur la fiche de l’APCE :

—  Un artiste perçoit le produit de la vente de la propriété matérielle de l’objet qui sert de support à son oeuvre. Exemple : la « toile » d’un tableau, le « bronze » d’une sculpture, les « cartons » de tapisserie, etc.

Précision : la vente doit concerner les oeuvres uniques ou bien dans certains cas des oeuvres éditées en nombre limité sous le contrôle de l’artiste ou de ses ayants- droit. Dans le cas contraire, l’auteur perd son statut d’artiste.

—  Un artiste perçoit des droits d’auteur lorsqu’il cède ses droits patrimoniaux sur la propriété immatérielle de ses oeuvres (droit d’exploitation de l’oeuvre, c’est-à-dire droit de représentation ou de reproduction).

En effet, un artiste a un droit de propriété « immatérielle » exclusif et opposable à tous sur ses oeuvres. Il peut autoriser un tiers à vendre ou à exploiter commercialement son oeuvre moyennant rémunération. Il dispose d’un droit unique au respect de son oeuvre (élément du droit moral).

Exemples : droits de reproduction d’un tableau, droits d’adaptation télévisée d’une pièce, droits d’exploitation d’une oeuvre littéraire, etc.

—  Sont également considérés comme des revenus artistiques les revenus tirés notamment de la conception de l’oeuvre (ex. : bourse, prix d’un concours, contrepartie de réponse à des commandes et appels à projets publics ou privés), installation et mise en espace scénique de l’oeuvre, location d’oeuvres, etc.

Contrairement à certaines croyances, l’auteur n’est pas confiné aux droits d’auteur, il a également le droit de « vendre » ses œuvres. Il y a bien sûr la notion oeuvres éditée en nombre limité. Aucune limite n’est clairement définie pour le livre et l’impression d’un livre ne devient intéressante qu’au-delà d’un nombre minimal de tirages, un peu moins quand il comporte de la couleur. Ensuite, cette limitation réserve les « œuvres d’art » à la tranche la plus riche de la population, c’est… démocratique comme attitude !

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Sur le site des Comité des Artistes-Auteurs Plasticiens, des informations très instructives :

Le revenu artistique était supposé être constitué uniquement de ventes d’œuvres et de droits d’auteurs. Or l’activité d’un artiste contemporain n’est pas réductible exclusivement à… ce cadre… , s’y ajoutent diverses prestations artistiques et aides qui entrent pleinement dans l’exercice normal de son activité :

  • conception de son oeuvre par l’artiste auteur (bourse de recherche, sommes relatives aux concours, ou perçues en contrepartie de réponse à des commandes et appels à projets publics ou privés).
  • Participation à la création de l’oeuvre en qualité de co-auteur ;
  • installation et mise en espace scénique de son oeuvre par l’artiste auteur ;
  • location d’oeuvres ;
  • vente de livres d’artistes constituant des oeuvres originales ;
  • suivi ou exécution de son oeuvre par l’artiste auteur, même lorsque l’activité ne débouche pas sur une cession de droits ;
  • lecture publique d’une ou plusieurs de ses oeuvres par l’auteur, assortie d’une présentation orale ou écrite d’une ou plusieurs de ses oeuvres, à l’exclusion des participations de l’auteur à des débats ou à des rencontres publiques portant sur une thématique abordée par l’auteur dans l’une ou plusieurs de ses oeuvres, des conférences, ateliers, cours et autres enseignements ;
  • présentation orale ou écrite d’une ou plusieurs de ses oeuvres par l’artiste (plasticien,graphiste, photographe, auteur compositeur, peintre-illustrateur).

Comme quoi, quand on le veut, on peut adapter la législation. Vous me direz qu’il s’agit de livres d’artiste, sans que cette terminologie soit clairement définie, consultez la fiche Wikipédia sur ce sujet ; Wikipédia est assurément l’une des ressources les plus importantes du Web. Cette piste est à creuser, car tout auteur est par essence considéré comme artiste, encore faut-il en convaincre les services fiscaux ou alors essayer d’obtenir des éclaircissements auprès des législateurs. On pourrait, mais rien n’est certain, assimiler l’autopublication à un livre d’artiste, pourquoi cette notion serait réservée aux seuls artistes contemporains ? Où cela commence-t-il et où cela s’arrête-t-il ? La nuance pourrait devenir très compliqué pour des livres illustrés.

Didier Mathieu, dans un long article sur le site du bulletin des Bibliothèques de France que je vous conseille de lire, essaie de donner une définition à ce livre d’artiste, reconnaissant que ses contours sont flous.

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Une petite observation, ce n’est pas parce qu’un livre est imprimé et mis en vente que sa valeur équivaut à la somme des tirages multipliée par le tarif individuel, très loin de là. Un auteur n’est jamais certain de vendre la totalité des livres imprimés, même en impression numérique. Vendre un livre, cela ne se fait pas comme pour des savonnettes, des téléviseurs ou des pâtes, sauf exception, les clients n’attendent pas un livre, c’est un objet dont ils peuvent largement se passer, et même, si on leur donnait, beaucoup le refuseraient. Au final, c’est ce public qui décidera de faire de vous un auteur avec un minimum de succès, et cela dépendra en grande partie de la qualité de votre production.

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Ceci nous amène à parler des charges liées à la distribution et à la vente qui, nous allons le voir, sont tout sauf anodines. Je parlerai du livre numérique un peu plus loin, car il n’y a aucune bonne raison de le dissocier du livre papier.

Il faut premièrement le livre rencontre son lectorat et ce n’est pas l’étape la plus aisée. Vous ne pouvez pas être partout, les acheteurs ne sont pas disposés à acquérir votre création à tous moments, donc il faut que votre livre soit présent en de multiples lieux sur le long temps, autant que cela est possible. Pour cela il faut démarcher les libraires, leur laisser votre livre en dépôt et repasser ou téléphoner de temps à autre ; pas tous les deux jours malheureux ! tous les deux, trois voire six mois, cela est amplement suffisant. Vous constaterez rapidement, à moins d’habiter Paris, qu’il vous faudra parcourir de longues distances plusieurs fois, et cela a un coût qui devient vite la dépense essentielle dans vos charges de distribution.

Ce n’est pas tout, votre livre à une valeur faciale, mais le libraire, ou tout autre point de vente de livre, ne va pas se charger de la vente gratuitement, il faut lui laisser une commission, 30 % (à 40 % rarement) est une valeur généralement admise si vous êtes assujetti à la TVA, plus sinon, car le libraire la remboursera en totalité. Vous ferez rapidement le rapport entre le temps passé à la livraison, aux visites et à la marge qu’il vous restera au final, pas grand-chose. Vous n’avez pas le choix, les auteurs autopubliés n’intéressent pas les entreprises de distribution. D’un autre côté, celles-ci ne défendraient pas votre livre comme vous le feriez vous même, il sera présenté parmi beaucoup d’autres et très probablement retourné presque aussi vite par les libraires. Précision, le libraire ne réglera vos livres qu’une fois vendu, alors qu’il règle le distributeur dès la livraison. Il y a aussi la vente directe en salon et la vente par correspondance, n’en attendez pas de miracle.

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On a oublié jusqu’ici un élément capital, la préparation du livre, celle-ci n’intéressent n’y l’éditeur, ni l’acheteur. Que vous ayez passé une semaine ou plusieurs années ne les concerne pas, votre investissement initial n’intéresse personne, c’est perdu. seule votre création, votre production sera achetée à la condition qu’elle plaise. Nous nous retrouvons là dans la configuration qui fait d’un créateur un artiste, ce sont ses acheteurs qui en décident.

Financièrement, un livre se révèle souvent comme une opération très négative, alors pourquoi être considéré comme un commerçant ? Si des lecteurs achètent votre livre, c’est parce que votre travail a été reconnu de qualité, se sont-ils trompés ?

Musee des Beaux Arts

Musée des Beaux-Arts de Rennes

Pouvoir éditer ses propres livres en restant auteur

C’est une anomalie que d’être considéré comme un commerçant dès lors que l’on édite ses propres livres, et seulement les nôtres ! D’où vient cette aberration, qui y a intérêt, peu importe, mais il est plus que souhaitable que cela change. Les industriels du livre ne sont pas en mesure d’évaluer sérieusement tous les textes, tous les ouvrages qui leur sont présentés, pourtant, dans cette masse de texte, certains, probablement très peu, sont des textes remarquables à un titre ou un autre. Aux États-Unis, l’auto-édition à dépasser en nombre de titres l’édition classique, et trois de ces livres sont classés parmi les dix meilleures ventes d’Amazon, ce n’est pas rien. En France, la publication d’un livre par son auteur n’est pas encouragée, c’est un euphémisme, à côté de combien de grandes œuvres passons-nous sans le savoir ?

S’autopublier n’est pas l’option idéale, ce n’est qu’une voie de secours pour les livres qui ne rencontrent pas leur éditeur, ce que l’auteur tient à voir paraitre sans intervention extérieure ou dont le lectorat prévisible sera très réduit. C’est une vraie démarche d’artiste, alors pourquoi certains artistes sont traités d’une manière et les autres pas. Il ne s’agit pas de revenus, il est bien préférable, si l’on y arrive, de vendre des tableaux, des sculptures, des tirages photo que des livres, même avec un tirage assez important. Les revenus à espérer seront toujours très faibles, alors que le travail pour produire un livre est conséquent.

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L’autopublié n’est pas un éditeur, il ne choisit pas parmi une profusion d’offres les livres qu’il va éditer, il ne dispose que de son propre travail. Il ne peut ni optimiser les risques ni diversifier les sources, il est obligé de prendre de gros risques sans filet de sécurité.

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La publication numérique va modifier considérablement la nature du livre, celui-ci n’étant plus matériel, il pourra être diffusé à l’infini sans coût de production ; on se trouvera dans la même situation qu’avec la musique. Sous cette forme, le livre n’a plus besoin de producteur (éditeur), sauf si le législateur l’impose pour protéger quelques industriels influents. L’erreur serait de croire que cet écosystème est abouti, il faut s’attendre à des évolutions importantes ; je pense vous proposer prochainement un article sur ce sujet. Difficile de faire des prévisions sur son devenir, les lecteurs accepteront-ils de le payer… probablement oui si on les tarifs sont raisonnables, pas ce que l’on constate actuellement.

Les coûts de production sont insignifiants, tout au moins si l’on exclut la phase de création comme il est de coutume jusqu’à présent. Tout auteur, s’il a un minimum de culture technique, pourra proposer des ouvrages équivalents en qualité à ceux des grands éditeurs. Allégés des contraintes physiques, les coûts d’achats se résumeront aux frais de diffusion et à des droits d’auteur, on soupçonne immédiatement que tous n’admettront pas facilement cette réalité. Comment justifier la place de l’éditeur ramené au rôle d’un label de qualité ? Les ventes ne pouvant plus être considérées comme de la revente, il n’y a pas de fabrication, les revenus tirés de ces livres sont directement assimilables à des droits d’auteur qui, dans l’idéal, sont calculés au prorata des usages. La France va-t-elle aborder ce tournant avec l’approche minitéliste, comme pour le dispositif ReLIRE, où va-t-elle prendre tout de suite la bonne direction… rêvons un peu !

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Madame Filippetti, pouvez-vous vous pencher sur la situation des auteurs autopubliés, tant que le livre existe sous forme papier, ayez la générosité de les prendre en compte, vous qui avez eu la chance de rencontrer votre éditeur. Soyez aussi visionnaire pour le livre numérique, libérez-vous de vos conseillers techniques qui ont été formés le siècle dernier.

 

3 Cailloux 2

Pour terminer

Il serait intéressant de connaitre la situation des auteurs autopubliés dans les autres pays ; il est probable qu’aux États-Unis, leurs conditions soient plus favorables, ce qui expliquerait leur importance.

Un recensement des auteurs confirmés et qui se sont autopublié, quelle que soit la manière dont ils ont procédé, pourrait être instructif. Sur Internet, on en repère facilement quelques-uns ; je ne parle pas de ceux qui s’auto proclament comme tel, non, les reconnus, les incontestables et que les autres laissent le temps faire œuvre de sélection.

Couverture Fest-Noz 4

Ce livre est mon accident industriel perso, bien accueilli avec de bonnes critiques, d’excellents retours de lecteurs, mais un public beaucoup trop restreint.

La butte de Turenne

Un sujet de livre abandonné (provisoirement ?) par manque de lectorat, se servir des aspects touristiques d’un secteur superbe pour parler d’autres choses – Turennes en Corrèze.

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